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Rémy Marion : vidéaste en régions polaires

Dans cette série de portraits, l'Institut des médias avancés s'est entretenu avec le passionné et talentueux Rémy Marion qui parcourt les régions polaires depuis 30 ans.


Bonjour Remy, pouvez-vous nous faire une brève description de votre parcours ?


J’ai commencé à m’intéresser aux animaux polaires il y a une trentaine d’années. Une passion qui m’a amenée à écrire des livres, faire des photos et animer des conférences, ce sont les premières étapes. Après avoir fait un peu le tour de toutes ces activités et avoir été aussi conseiller technique pour de nombreux tournages, de nombreuses émissions : j’ai travaillé avec Claude Lelouch ou encore Yann Arthus-Bertrand et avec beaucoup de chaînes, il est venu un moment où, étant photographe et aimant raconter des histoires, je me suis demandé pourquoi ne pas passer derrière la caméra ? Donc je me suis mis à faire de la vidéo à partir de 2008, on va dire que c’est relativement récent pour moi. Et en étant parfaitement autodidacte, comme pour mes autres activités, car je n’ai pas fait d’études pour cela.

Je travaille avec mon épouse et mon fils, on a commencé à faire un peu de films pour France 2 et puis de fil en aiguille j’ai réussi à faire trois 52 minutes, dont deux pour Arte et un pour France 2. Maintenant on vend du film institutionnel, on réalise diverses collaborations, mais ma spécialité reste quand même les régions polaires et les ours polaires.


Comment est né Pôles d'Images ?


La société a elle aussi connue plusieurs périodes, à sa création en 2001, en continuité de la photographie, elle était vouée à créer des expositions et des supports pédagogiques. Créer des liens entre ce que l’on voyait sur le terrain et la transmission vers le grand public c’était ma volonté, peu-importe le média : conférences, expositions, livres, films… le principal étant de témoigner. Puis Pôles d’Images est devenue une société de production audiovisuelle et ne se consacre qu’à ça maintenant.


Vous avez notamment développé une exposition avec le Muséum de Toulouse ?


Oui je leur avais fait une très grosse expo sur l’ours, qui a eu un très gros succès, j’avais fourni des vidéos mais aussi des objets issus du Grand Nord, des photos et des sons aussi. L’expo du Muséum de Toulouse est tout à fait symbolique de mes activités, c’est à dire que ça mélangeait aussi bien de la vidéo, que de la photo, je suis venu faire des conférences, c’était un grand tout !



Hormis le froid quelles sont les difficultés que doit surmonter un vidéaste en région polaire ?


Alors le froid n’est pas forcément la plus grande difficulté. Surtout que maintenant on tourne beaucoup avec des boitiers photo, qui sont très résistants au froid. Nous, on peut l’être aussi en étant bien équipés, ça c’est évidemment indispensable. La difficulté c’est surtout d’identifier les bons endroits et les bonnes périodes pour ramener les images en question. Quand on fait des images de nature, il y a un gros travail en amont, pour savoir où, quand, comment et avec quelle logistique. Faire des prises de vues d’ours polaires, ça ne s’improvise pas. Donc la plus grande difficulté se trouve là et puis il faut aussi avoir beaucoup de chance, car il y a de gros problèmes de météo : au-delà du froid il y a les tempêtes, les vents et ainsi de suite. Mais à partir du moment où l’on est au bon endroit, au bon moment, avec la bonne logistique et un petit peu de chance, on peut ramener de très belles images !


Avec quels matériels travaillez-vous au quotidien ? 


Personnellement je travaille en Canon Mark II, ça c’est mon boitier de référence pour la vidéo, avec toute une batterie d’optiques Zeiss et Canon. Et dans la société on a aussi une activité de prise de vues par drone et l’activité de chef opérateur et là on travaille avec une RED Raven et divers optiques Sigma et Canon.


Quel est votre souvenir le plus mémorable sur la banquise ?


Il y en a évidemment plein ! Ce qui est mémorable c’est quand on attend pendant des heures, qu’il fait -40° et qu’on voit des petits ours polaires sortir de leur tanière, ça c’est des moments magiques. Ça devient même presque compliqué de filmer, on ne sait plus trop ce qu’on fait, ça m’est arrivé de ne pas appuyer sur le bouton alors que devant moi il se passait des trucs fantastiques parce qu’on est complètement happés par cette magie du lieu et de ce qui s'y passe.


Vous êtes également conseiller technique sur des émissions TV et films, en quoi consiste ce métier ?


Ça dépend l’ampleur des tournages. J’ai été conseiller technique et aussi invité à un certain nombres d’émissions mais je vais vous donner deux exemples exigeants.

Quand j’ai travaillé avec Claude Lelouch en 1998 pour le film Hasard ou coïncidences, il m’avait demandé d’organiser complètement le tournage pour filmer des ours polaires avec des séquences que lui avait imaginé. J’ai exigé de travailler avec des ours polaires sauvages et là c’est complètement organisé, c’est moi qui lui ai donné les dates, le lieu, qui ai organisé la logistiques, les hélicoptères, etc, c’est un gros travail de régisseur et de fixeur en même temps, pour utiliser les termes adéquats du cinéma.

Autre exemple, avec Yann Arthus-Bertrand pour le film Home : lui m’a dit ce qu’il voulait voir et filmer pour un certain nombres de séquences, et moi je lui disais où, quand, comment, et j’organisais également les tournages au Groenland Sud et Terre de Baffin. Donc là c’est vraiment plus le travail de fixeur dans ce cas là, c’est ma connaissance des lieux et des espèces animales qui a permis de faire ces tournages. Au-delà de la technique c’est vraiment beaucoup de terrain, de connaissance quasi encyclopédique du milieu polaire.


Quels sont les 3 conseils que vous donneriez aux jeunes vidéastes qui souhaitent s'orienter vers un travail naturaliste ?


Là je dirais presque que la vidéo vient dans un deuxième temps, surtout avec les moyens techniques actuels c’est pas forcément ce qu’il y a de plus compliqué. Si l’on veut faire des images de nature, il faut passer beaucoup de temps dans la nature et y faire beaucoup d’images, en photos ou vidéos.

Ce qui pêche souvent à mon avis, c’est la construction d’une image et d’un cadre. Pour améliorer ça il faut voir et faire beaucoup d’images, et pas simplement de la vidéo.


Retrouvez une partie du travail de Pôles d'Images sur Vimeo


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